En ligne (connectés) : 0 73

Procès du 28 septembre 2009 en Guinée : Bienvenue Lamah conteste toute responsabilité au centre de Kaléyah.

20260112

Le procès relatif aux événements tragiques du 28 septembre 2009 s'est poursuivi ce lundi 12 janvier 2025 devant le tribunal criminel. À l'occasion de cette deuxième journée de comparaison, le colonel Bienvenue Lamah, mis en cause pour son rôle présumé au centre de formation de Kaléyah, a fermement rejeté les accusations portées contre lui.

Cité lors de la première phase du procès par le commandant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, comme étant l'instructeur principal, voire le responsable du centre de Kaléyah, l'accusé s'est présenté à la barre assistée de ses avocats pour démontrer, point par point, l'inconsistance de ces allégations.

Au cœur de sa défense, le colonel Lamah a insisté sur l'absence totale de décision administrative le nommant directeur dudit centre. Selon lui, une telle fonction ne peut être exercée sans acte officiel émanant de la hiérarchie militaire.

« Ce n'est pas possible, l'armée ne fonctionne pas comme ça. S'il n'y a pas de décision, vous ne pouvez pas exercer », a-t-il déclaré avec fermeté devant le tribunal.

Poursuivant son argumentaire, l'officier a rappelé son statut de gendarme à l'époque des faits, souligne l'incompatibilité, selon lui, entre cette fonction et l'encadrement de recrues militaires.

« Un gendarme ne peut pas être ancien des militaires. Au contraire, ce sont des militaires qui peuvent anciens des gendarmes »,at-il martelé, en précisant que les personnes évoquées dans le dossier étaient, d'après lui, des militaires.

Sur la question du maintien de l'ordre, Bienvenue Lamah a également rejeté toute implication de l'école de gendarmerie dans la gestion des manifestations.

« L'école n'est pas impliquée dans le maintien de l'ordre », at-il affirmé, estimant que les élèves placés sous son encadrement n'étaient ni formés ni autorisés à intervenir dans ce type d'opérations.

De son côté, la défense a avancée que les recrues mentionnées dans le dossier proviendraient plutôt du CIAM, une version qui, selon elle, contredit les déclarations de Toumba Diakité. Les avocats ont par ailleurs relevé que ce dernier aurait toujours refusé une confrontation directe avec leur client à la barre.

Les débats ont connu, à un moment, une tension susceptible de glisser vers une interprétation communautaire, avant d'être rapidement recadrés par le président du tribunal.

À l'heure où cet article est publié, le parquet a repris la parole pour poser des questions de clarification, à l'issue des interrogatoires des différentes parties impliquées dans cette affaire judiciaire majeure.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos.


A propos de l'auteur :

224infos